Logiciels libres : et si ce n'était qu'un début?

Octobre 1998

Apache détient plus de 50% du marché des serveurs web et continue de progresser. Pas un jour ne passe sans une annonce témoignant de la percée de Linux dans les entreprises. Pourtant la réussite spectaculaire de ces deux logiciels libres n'avait pas été prévue par tout le monde. Qui parlait de Linux il y a seulement deux ans?

Rappelons encore une fois l'originalité des logiciels libres tels que Linux et Apache : la disponibilité du code source, la liberté de modification et de redistribution de ce code. Toutes ces caractéristiques sont loin d'être étrangères à leurs succès. Des milliers de programmeurs compétents, mis en concurrence et fédérés grâce à l'Internet, développent ces programmes. Seules les meilleures versions, les plus stables, les plus sécurisées, les plus optimisées, finissent progressivement, par sélection naturelle, par être conservées. Enfin, la libre redistribution permet une propagation rapide et peu coûteuse de ces logiciels.

Un système d'exploitation, un serveur web : et si la même méthode fonctionnait pour d'autres logiciels? Et si le modèle de l'informatique libre allait encore produire des « enfants » aussi brillants qu'Apache et Linux?

Imaginons un instant que informatique libre continue à s'étendre. De nombreuses activités économiques gravitant autour de l'informatique s'en trouveraient profondément transformées : le service supplantant par exemple définitivement la vente de licence.

Or, il existe des indices laissant présager qu'un tel futur n'est pas improbable...

D'abord, de nombreux programmeurs préfèrent généralement travailler sur un projet de logiciel libre. Essayez simplement de comparer le nombre de réponses à deux offres d'emploi avec ou sans le mot Linux.

Ensuite, il existe dès aujourd'hui sur Internet un foisonnement de projets encore à l'état d'ébauches de nouveaux logiciels libres, mais tout aussi prometteurs que l'était Linux voici quelques années.

Autre bonne nouvelle pour l'informatique si ce bouleversement avait bien lieu : les mêmes programmes ne seraient plus sans cesse réinventés et progresseraient sur le plan qualitatif ...